JOURNAL DE BORD
« Le bruit des glaçons »
La bascule du vent a eu lieu, le vent s’est établi au Nord, la pluie a enfin cessé ce mercredi après midi.
La nuit précédente a réservé à Mathieu quelques moments intenses comme il en a vécu de nombreux depuis le Groenland.Il en appréciera vraiment la « saveur »une fois son voyage terminé. Après avoir profité du vent favorable et ramé jusqu’à 23 heures, il se met à l’ancre dans une zone assez profonde, s’endort rapidement et profondément. A 2 heures un choc violent et bruyant contre le bateau le réveille en sursaut, il se précipite dehors pour voir un énorme bloc de glace dérivant, à l’abordage de son embarquation.
Voila à quoi cela devait ressembler mais en pleine nuit c’est beaucoup plus « fun ».
Le bout de banquise le pousse, il lui faut réagir rapidement. Une fois l’ancrage arrivé en bout, le bateau solidaire du fond risque d’y être envoyé. Le stress lui donne l’énergie nécessaire pour une heure de winch. Il remonte cm après cm chaine, ancre, bout qui le maintenaient au fond et se sort d’ une position pour le moins délicate.
Il contourne le glaçon de plusieurs dizaines ?, centaines ?, milliers de tonnes et s’effondre sur son matelas.
Pour la grasse matinée il lui faudra attendre encore quelques jours. A 6h même phénomène, même cause, même effet. Heureusement le même remède produira un résultat identique. Mathieu abandonne définitivement son lit et reprend les rames pour s’éloigner de cette zone bien encombrée et peu hospitalière.
Tico lui profite bien de cette situation et peut réguliérement aller se dégourdir sur ces grands bouts de banquise.
Cela évite aussi à Mathieu des accostages toujours fastidieux. Aucun doute l’homme comme l’animal se sont adaptés au milieu.
Peter l’a contacté pour lui annoncé que le Harry Larsen arrivait dans sa zone, cela le rassure car »l’atterrissage » à Cambridge devrait être délicat, il y a beaucoup de glace autour de l’île.
De plus le vent de Sud est annoncé pour le weekend. Le voyage n’est pas encore terminé.
JJ Ollier le 2 septembre 2010
DERNIER TEMOIGNAGE
Courage Mathieu pour la fin de ton aventure. Ce que tu réalises est exceptionnel. Tu en mesureras toute la saveur avec un peu de recul. Une bonne léchouille à tico et au rameur. manu (ami de germain)LE DEFI I
De Lorient à Nomé en Alaska, c'est une première.
Un défi que va relever Mathieu Bonnier, véterinaire, en prenant la mer pour ramer pendant 6000 km, de juillet 2010 à septembre 2011, accompagné par Tico, son alaskan husky. Ce sportif d'endurance et de compétition suivra les traces légendaires de Roald Amundsen par le passage du Nord-Ouest, entre le Groënland et Nomé, sur la côte ouest de l'Alaska.





