L’EQUIPE

Mathieu BONNIERTICOThomas BONNIERChristian DUMARDEquipe ABSOLUTE DREAMERGermain KERLEVEOSam MANUARDThierry FAGNENTPhilippe ROGERTanguy LEGLATINMathieu LAINEMathias BUTHAUDAnne SAURETPierre André DUCOMMUNJean Jacques OLLIERTeam SantévetTeam Royal Canin

MATHIEU BONNIER I Navigateur

Mathieu Bonnier et son chien Tico se lancent un nouveau défi
Mathieu Bonnier avait promis de ne plus se lancer ce genre de défi à l’issue, en 2009, d’un voyage à la rame en solitaire de 43 jours dans le cadre de la Bouvet Rames Guyane. L’appel du large et de l’aventure a été le plus fort et ce vétérinaire repart en juillet 2010 pour un nouveau challenge : la traversée du passage du Nord-Ouest à la rame. Une première mondiale.

« Je vais vendre mon bateau. Je n’ai plus trop envie de me lancer ce genre de défi individuel. Je veux passer à autre chose. » C’est ce qu’affirmait en avril 2009 Mathieu Bonnier, vétérinaire, à son arrivée Cayenne (Guyanne) après quarante-trois jours d’un voyage à la rame en solitaire sur l’Océan Atlantique. Deux ans de préparation avaient été nécessaires et lui on permis de décrocher la deuxième place devant une vingtaine d’autres concurrents qui ont parcouru quelque 4 700 km entre Saint-Louis du Sénégal et Cayenne. Cette promesse, Mathieu Bonnier ne l’aura pas tenue longtemps ! L’appel de l’aventure aura finalement été plus fort que tout. En 2010, il se lance dans un nouveau défi : le Grand Nord.

Toujours voir plus loin

« Je suis quelqu’un d’assez teigneux. Je cherche toujours à aller voir plus loin », confie-t-il encore. Nous voulons bien le croire. C’est à un nouveau challenge de taille qu’il s’attaque. De Qaanaaq au Groënland à Nome en Alaska, la traversée du passage du Nord-Ouest à la rame en solitaire constitue en effet une première mondiale. A ses côtés, son chien Tico, un alaskan malamute, qui embraque avec lui dans cette fabuleuse aventure. Le départ sera donné en juillet prochain pour un retour prévu en… septembre 2011. Plus de 6 000 kilomètres à parcourir où il devra affronter les glaces, même si une partie de ce voyage est ‘’malheureusement’’ rendu possible par le réchauffement climatique. Car ce défi en comporte un autre pour Mathieu Bonnier : en réussissant son pari, il veut attirer les regards sur cette région du globe qui fera partie des premières à être touchées par les effets du réchauffement climatique et qui doit être exploitée pour ses gisements fossiles.

TICO I Le fidèle compagnon de Mathieu

Tico, le chien de Mathieu Bonnier, sera son seul compagnon lors du nouveau défi. Cet alaskan husky, déjà à ses côtés lors d’une traversée de l’Alaska en 2006, est parfaitement accoutumé au climat du Grand Nord. C’est l’espèce qui veut ça !

Tico est un alaskan husky que Mathieu Bonnier a ramené d’Anchorage, en 2003. A propos de l’alaskan husky, on ne peut pas parler véritablement de race, mais plutôt d’espèce ou bien encore de type. En effet, sont reconnus officiellement l’alaskan malamute et le siberian husky. L’alaskan husky n’est pas pour sa part nettement défini du point de vue de ses ascendants. C’est ainsi que l’on trouve, en fonction des géniteurs, différents types d’alaskan husky. Ces différences se situent tant au niveau morphologique que de son look, avec des couleurs de robe variables. Chez ces chiens, ce sont davantage ses aptitudes physiques qui le caractérisent. Et l’alaskan husky n’en manque pas ! Chien d’attelage d’une grande efficacité, il peut également, selon ses origines, excellé dans le sprint où les pointes de vitesse qu’il est capable d’atteindre sont impressionnantes. Côté caractère, leur mental est celui d’un chien très sociable. Cela fait de lui, en Alaska, un chien apprécié pour ses talents de compagnon dès lors que l’on respecte sa nature profonde. C’est bien évidemment à un chien robuste, résistant et rustique que nous avons affaire. Seuls sont signalés pour certains sujets une prédisposition à des maladies génétiques que l’on retrouve chez les chiens de pure race de type nordique comme l’APR (atrophie progressive de la rétine) ou encore l’hypothyroïdie. D’une manière générale, l’alaskan husky jouit d’une bonne longévité, jusqu’à 15 ans en moyenne.

THOMAS BONNIER I Préparation et soutien

Le « statut » de Thomas est un peu particulier si l’on peut dire. C’est en effet le frère de Mathieu Bonnier. Il y a donc, on s’en doute, un lien affectif très fort qui les unit.

Ce grand frère est lui aussi un sportif aguerri. La mer, c’est une passion qu’il nourrit depuis tout petit, à croire que cela est inscrit dans leurs gènes, à moins qu’il l’ait communiqué à Mathieu ! Thomas a déjà apporté tout son soutien à Mathieu en 2009. Pour cette nouvelle aventure, il avoue qu’il s’est peut-être ‘’moins’’ investi. Mathieu était en effet déjà fort de son expérience précédente, mais son frère a pu comme par le passé activer ses réseaux pour lui en faire profiter. « Il a remis les compteurs à zéro avec ce nouveau défi », analyse Thomas. « Ce périple constitue un domaine que je connais moins bien toutefois. Je l’ai néanmoins aidé comme je l’ai pu dans la préparation, au moment de faire des choix, de répondre à des interrogations. » Et Thomas suivra bien sûr l’aventure de très près. Et son frère, Thomas a totalement confiance, même s’il ne cache pas quelques craintes : « J’en ai moins que j’en ai eu. En fait, dans cette aventure, le facteur météo est prépondérant », explique-t-il. « Les glaces sont quelque chose d’imprévisibles, que l’on ne connaît pas bien. A l’inverse du vent, des vagues, etc. il est plus difficile de prévoir. » Au final, Thomas « compte sur le bonhomme », comme il dit. « J’espère qu’il prendra du plaisir dans cette aventure, mais surtout qu’il revienne en sachant pourquoi il y est allé, qu’il puisse faire son travail d’intériorité en quelque sorte. Plus les jours passent plus je suis confiant. Sinon, ce ne serait ni une première ni une aventure ! Et puis Mathieu a mis toutes les chances de son côté. » Il a préparé tout cela à la chef d’entreprise, comme Thomas l’analysait déjà en 2009. Cet entrepreneur dans l’âme n’a effectivement pas changé.

PIERRE-ANDRE DUCOMMUN I Vétérinaire

Pierre-André Ducommun, docteur vétérinaire à Grenoble, suit Tico, le chien de Mathieu Bonnier, depuis toujours. « Mathieu est un copain, cela fait longtemps que nous nous connaissons. Cela remonte à l’ère glacière », plaisante le vétérinaire. Tous deux pratiquent aussi ensemble beaucoup de sport.

« J’ai suivi tous ses chiens et je vois donc Tico tous les ans, notamment à l’occasion des rappels de vaccination. » Le Dr Pierre-André Ducommum a mis au point une petite trousse d’urgence qui sera embarquée. « Il a fallu tenir compte de diverses contraintes comme l’étroitesse de l’embarcation. Pour cela, nous avons choisi en partie des médicaments qui peuvent être utilisés pour le chien mais aussi pour son maître », explique-t-il. l a fallu également prendre en compte un autre facteur déterminant : le froid. « Nous ne pouvons pas prévoir de liquide à cause du gel, par exemple. Il a donc fallu recréer un sérum physiologique, entre autres, digne des vétérinaires d’il y a cinquante/soixante ans ! » utre l’aspect médical de Tico, le vétérinaire a pris également en considération les relations du tandem homme-chien. « Il a fallu réfléchir à la gestion des conditions de vie et de survie à bord », poursuit le Dr Pierre-André Ducommun. « Cela passe par l’alimentation de l’animal, mais aussi bien entendu par les problèmes de déjections dans ce lieu exigu. » Le vétérinaire se dit très confiant. « Mathieu n’en est pas à son premier challenge. Il a de la bouteille ! Bien entendu, il peut y avoir des impondérables, mais je suis totalement sûr de Mathieu et de Tico. Ce type de chien est rustique et robuste. »

CHRISTIAN DUMARD I Inspiration et routage

Christian Dumard intervient dans deux « postes ».

En amont du projet, tout d’abord, avec la partie « inspiration ». « Le but était d’établir une définition du parcours », explique-t-il. « Il fallait trouver une expédition qui allie la mer, la rame et les glaces que Mathieu connait bien. » Christian Dumard épaulera ensuite Mathieu Bonnier tout au long du parcours en le tenant informer des conditions climatiques. « Là, il s’agit d’analyser des situations météo et aider Mathieu à choisir les bonnes fenêtres pour son expédition. Quotidiennement, des infos météo lui seront donc communiquées, même si ce n’est parfois que par texto ou par mail. » Christian Dumard a tout de suite été séduit par le projet. « Je souhaite que tout se passe bien, surtout la première partie du parcours qui est la plus délicate », poursuit-il avant de préciser : « Que 2010 soit une année plutôt clémente avec les glaces, qu’il y prenne du plaisir, qu’il fasse de belles rencontres et… qu’il ne voit pas d’ours de près ! »

THIERRY FAGNENT I chantier naval AMCO

Thierry Fagnent est le propriétaire du chantier naval AMCO basé à la Trinité-sur-Mer dans le Morbihan (56).

Pour lui aussi, cette aventure est une première dans le sens où son chantier, créé en 1989, n’avait jusqu’alors jamais construit de bateau comme celui qui servira lors du défi de Mathieu Bonnier.
« Nous connaissons bien les bateaux à voile. En revanche, c’est la première fois que nous travaillons sur un bateau comme celui-ci», explique-t-il.
« Le contexte économique était assez serré », confie-t-il. « Il a fallu aussi s’adapter au physique de Mathieu et être vigilant pour la bonne tenue du bateau en température par rapport au froid. Le milieu dans lequel il va naviguer est hostile. »
Après trois mois de travail, une première mise à l’eau a été effectuée afin de procéder à différents tests comme celui du retournement, entre autres, et effectuer les derniers ajustements.
« Notre souhait est que Mathieu arrive au bout de son défi avec ce prototype. Le projet nous a tout de suite séduit, car nous l’avons trouvé ‘’gonflé’’. Cela a suffit pour que l’on dise : on y va ! »

LUC TALBOURDET I Directeur général d’Absolute Dreamer

L’écurie de course au large Absolute Dreamer a apporté toute son expérience de gestion de projets sportifs. « Nous l’avons aidé Mathieu à définir un projet ambitieux à même de le satisfaire et d’intéresser sponsors et public. Ce défi reste son idée mais ce n’était pas forcément celle du départ ! », explique Luc Talbourdet, directeur général.

« Mathieu a déjà de l’expérience et il a profité de nos échanges pour lui-même affiner son projet », poursuit-il. « Il a trouvé des personnes compétentes pour parler de ses problématiques et faire les bons choix. »

Absolute Dearmer le suivra dans son aventure. « C’est important en cas de soucis de pouvoir compter sur des personnes qui ont l’habitude de traiter des situations exceptionnelles en mer », précise Luc Talbourdet.

Pour le directeur général de cette écurie, Mathieu se lance à lui-même un défi incroyable, jamais réalisé : « On a eu envie de vivre cette aventure humaine. Mathieu est un aventurier moderne. Il suscite l’admiration et c’est un enrichissement d’y participer. »

Le souhait du team ? « Tout simplement qu’il trouve plaisir dans l’accomplissement de sa traversée. ‘Le but n’est pas le But, le But est le Chemin’’, dit le philosophe. Et le chemin est d’autant plus passionnant que l’objectif est ambitieux. Il va vivre une expérience rare et cela le changera. Je lui souhaite, quel que soit le résultat, d’être heureux de cette tranche de vie », conclut Luc Talbourdet.

www.absolute-dreamer.com

GERMAIN KERLEVEO I Préparation, routage et sécurité

« Vétérinaire de formation, j’ai décidé après deux ans de pratique de me rapprocher de ma passion : la mer et les bateaux », explique Germain Kerleveo.

« J’ai eu la chance, via l’écurie de course au large de Jean-Pierre Dick, de rencontrer Mathieu et de participer dès le début à son projet complètement dingue », poursuit-il. Germain intervient dans de nombreux postes. Son rôle à tout d’abord été d’aider Mathieu dans la préparation et à trouver les réponses aux nombreuses questions : « Dans quel sens faire le passage ? Quelles sont les escales possibles ? Une ou deux saisons ?, etc. » Il leur a fallu ensuite établir un budget estimatif, rechercher des partenaires, choisir l’architecte et le chantier du bateau. « Mathieu habitant à l’autre bout de la France, j’étais son intermédiaire pendant la construction du bateau en Bretagne », précise germain Kerleveo. « Une fois là-bas, Mathieu n’aura que des moyens de communication limités : VHF, téléphone satellite », précise-t-il. « Il aura donc besoin d’être informé des prévisions météos et de l’état des glaces quotidiennement afin de choisir le meilleur itinéraire possible. Sa sécurité en dépend directement ! » Aussi Germain participera à ce que l’on nomme dans le ‘’jargon’’ le routage. « Mathieu doit aussi pouvoir joindre quelqu’un en permanence en cas de problème. Espérons toutefois que ses appels ne seront destinés qu’à nous faire partager son aventure et nous faire vivre ses émotions ! » Le passage du Nord-Ouest n’a encore jamais été réalisé entièrement à la rame. Pour cela, Germain salut l’initiative : « Il fallait quelqu’un comme Mathieu pour oser défier le froid et l’humidité à chaque instant, les glaces en travers de sa route, la curiosité des ours polaires. Mathieu est volontaire, persévérant voire acharné. Il est entrainé et part avec un bateau high-tech. » Avant de conclure : « Il a aussi le soutien indispensable de Tico : résistant, peur de rien, intelligent, Tico saura protéger son maître et lui remonter le moral dans les coups durs ! »

MATHIEU LAINE I Nutrition

Passionné de sports de rames et notamment d’aviron qu’il pratique depuis 23 ans, Mathieu Lainé travaille dans le domaine du complément alimentaire et de la diététique (principalement sportive) depuis de nombreuses années. Il s’est donc intéressé à l’aspect nutrition dans ce projet.

« J’ai rencontré Mathieu sur l’eau il y a maintenant trois ans lors d’un entrainement d’aviron en Bretagne », se souvient-il. « Notre passion commune nous a permis d’échanger, notamment au sujet de la future transat qu’il préparait pour le printemps 2009. »
Quelques mois après leur rencontre, Mathieu lui a demandé de participer à son aventure en lui préparant son programme alimentaire et diététique. « « Rames Guyane » m’ayant passionné et Mathieu étant arrivé en excellente condition physique à Cayenne, nous avons décidé de reconstituer l’équipe pour ce nouveau défi », explique-t-il.
Mathieu lui a expliqué dans les grandes lignes ce qu’il souhaitait embarquer. « Je me suis ensuite occupé de la sélection et de la composition de ses menus au jour le jour afin de compenser ses pertes énergétiques tant liées à l’effort qu’aux conditions climatiques du Grand Nord. »
Selon Mathieu Lainé, les spécificités de ce projet par rapport à la transat sont « une cadence de rame et donc un effort résistant moins intense, car il n’y a pas le stress de la compétition avec d’autres concurrents et, de surcroît, le bateau est beaucoup moins lourd et plus hydrodynamique. » Le froid aussi : « Cela exige une compensation calorique et un choix rigoureux des aliments, car il tend à diminuer l’appétit et la sensation de soif. Il engendre aussi une aversion pour des aliments appréciés auparavant. »
Ce nouveau défi le séduit parce qu’osé et courageux. « Il est la preuve que l’Homme entretient une relation étroite avec la Nature, dominé – dominant. Mathieu ne devra compter que sur lui-même dans un environnement pur et hostile à la fois. Chaque jour sera probablement une aventure en soit, riche en rencontres et découvertes. Paradoxalement, cette route autrefois infranchissable s’ouvre à nous en raison du réchauffement climatique », analyse-t-il encore. « Conséquence directe de l’attitude désinvolte de l’Homme à l’égard de cette Nature. »
« J’espère pour Mathieu une traversée sans encombre et qu’il se fasse plaisir tout au long de ce nouveau défi. J’espère aussi que cette aventure suscitera encore plus d’enthousiasme que la Bouvet de la part de la famille, amis, partenaires et autres internautes qui la suivront. Bon Vent à toi mon Ami et reviens nous en pleine forme ! », conclut-il.

SAM MANUARD I Architecte

Sam Manuard est l’architecte du bateau dans lequel Mathieu Bonnier va passer de longs mois en compagnie de son chien Tico.

Il avoue que sa spécialité, au départ, est davantage les bateaux de course au large, les voiliers. Ce projet est donc pour lui aussi une première, « un projet très spécial ! ». Nous sommes partis d’une page blanche », se souvient-il. « Il a fallu réfléchir à la meilleure embarcation possible. Tout cela s’est fait avec un état d’esprit assez ouvert. » Pour trouver « la meilleure solution », trois projets différents ont été ‘’isolés’’ : un catamaran, un trimaran et un monocoque. « Compte tenu des contraintes de timing et de budget notamment, c’est finalement le monocoque auto-redressable qui a été retenu, pour une question de sécurité », explique Sam Manuard. L’architecte a planché sur une carène (forme de la coque) qui permette d’optimiser la traînée, c’est-à-dire de ralentir le frein à la rame, à l’avancement. « L’important était de faire un bateau stable afin qu’il ne subisse pas trop de mouvements de roulis. L’efficacité de la rame est assez précaire sur ce genre d’embarcation. »
C’est toute la réflexion qu’il y a eu autour du projet qui a séduit Sam Manuard. « Nous avons, au final, dessiné un bateau cohérent qui je l’espère permettra à Mathieu de relever son défi dans les meilleures conditions possibles. »

JEAN-JACQUES OLLIER I Communication

A 56 ans, Jean-Jacques Ollier est technicien en bio moléculaire à l’hôpital de Grenoble.

« Mon intervention se situe dans la rédaction d’articles sur le site de Mathieu. »
Ce fidèle ami a déjà épaulé Mathieu lors de sa précédente expédition, en 2009. « J’ai accepte avec plaisir, même si je doute fortement de mes capacités à gérer correctement sa « com » en mer », se souvient-il modestement. « Je l’ai fait plus avec le cœur qu’avec mes piètres capacités littéraires ! »
Cette année, Jean-Jacques Ollier reprend du « service ». Comme en 2009, Mathieu Bonnier pourra le joindre 24h/24.
Rien dans ce projet fou ne le séduit ! « Aller prendre des risques insensés, naviguer dans des eaux glacées en totale solitude – pas tout a fait, car il sera probablement accompagné par des ours affamés ! -, au milieu d’icebergs menaçants, avec Tico comme seul compagnon, et le risque de se retrouver bloqué par les glaces… Comment peut-on voir la moindre séduction là-dedans ? »
Inquiet certes, mais c’est pour cela qu’il trouve le projet formidable. « Je n’ai même pas essayé de dissuader Mathieu de se lancer dans un tel challenge, car je sais que cela ne servirait à rien. Il est évident qu’on n’a aucune prise sur les passions. »
Ce qu’il espère par dessus tout, c’est la réussite, au final, « mais surtout qu’il ne dépasse pas ses limites, que la chance et la force soient avec lui, que les conditions météo soient favorables et les ours repus. »

PHILIPPE ROGER I Gérant responsable technique SKYSAT

La société Skysat, basée la Trinité-sur-Mer dans le Morbihan (56), a eu en charge la mise au point de certains équipements électroniques, la pose et le câblage.

« Nos contraintes ont été les mêmes que dans les bateaux de courses », explique Philippe Roger, gérant et responsable technique. « Mais, de plus, il a fallu travaillé l’étanchéité du local. Celui-ci est exigu et à l’intérieur, le matériel électrique et électronique y est confiné. »
« J’ai fait quelques bateaux de ce type pour des traversées à la rame, mais celui-ci semble empoter le Graal avec la technologie embarquée : batterie lithium et panneaux solaires légers. »
Dans ce projet, Philippe Roger avoue avec amusement que c’est le chien Tico qui l’a séduit ! « Je souhaite beaucoup de plaisir à Mathieu Bonnier dans cette aventure. Et s’il y a réussite au bout, ce sera le bonus. »

MATHIAS BUTAUD I Préparation mentale

Mathias Butaud, préparation mentale

Mathieu Bonnier a contacté Mathias Butaud afin de réaliser un outil de suivi psychologique lors de son aventure. « J’interviens au stade de la préparation du projet, mais aussi durant la course où je resterai disponible pour Mathieu pour des contacts à sa demande ou à la mienne », explique-t-il. « Cela sera fonction des données de suivi qu’il me fournira de manière, au minimum, hebdomadaire. »

« J’ai été séduit par le projet de Mathieu, mais aussi par l’intérêt qu’il portait à la nécessité d’un accompagnement psychologique », poursuit Mathias Butaud.

« Je lui souhaite bien évidemment la réussite et surtout de prendre beaucoup de plaisir dans cette traversée. »

Enfin, Mathias Butaud tient à souligner « le caractère novateur du travail que nous avons fait avec Mathieu. En effet, à une échelle modeste, nous sommes dans une activité de recherche scientifique ».

ANNE SAURETI Médecin

Anne Sauret est l’épouse de Mathieu Bonnier.

« J’ai très peu participé à la préparation du projet de Mathieu, à sa grande déception », reconnaît-elle. Toutefois, elle reste à son écoute, lui a préparé sa trousse de médicaments et l’aidera dans la réalisation de sa nourriture (séchage et mise sous vide).
« Mon peu d’investissement vient, pour une part, de ma peur de l’eau… froide ! », avoue-t-elle encore. « Par ailleurs, pour le première fois, j’ai un pressentiment, peur qu’il arrive quelque chose. Pourtant, je sais Mathieu raisonnable, prévoyant et non téméraire, mais ce sentiment persiste. »
Anne Sauret a toujours connu Mathieu aventurier et adorant des projets hors du commun, et ne veut en aucun cas le changer. Pour elle, la présence de Tico est « majeure et lui permettra de diluer sa souffrance de solitude, qui l’a énormément miné l’année dernière. Riche de son expérience de transat, il me semble qu’il a évoqué tout ce qui pourrait arriver de fâcheux : fusil en cas d’attaque d’ours avec cours de tir, capote pour le protéger du froid, « chauffage central » dans sa cabine, et pointage avec un ami psychiatre de tout le versant psychologique et les réponses en cas de coups de « moins bien » ».
Anne Sauret estime que Mathieu n’aura probablement pas le même soutien sur son blog, du fait de la période estivale du début du périple. Mais aussi de la longueur de son voyage et du versant non compétitif de cette course. « Qu’en sera-t-il alors de ses longues journées sans soutien amical ? », se demande-t-elle. « Je serai, pour ma part, bien sûr en relation par mail de façon quotidienne si tout ce passe bien pour son informatique, et le distrairai des dernières nouvelles mondiales ! »

BRUNO MAZODIERI Photographe

Photo Bruno MAZODIER1 200x200 LEQUIPEBruno Mazodier sera le photographe de l’expédition
Présent aux côtés de Mathieu lors du départ du Groenland, il le rejoindra également sur les grandes étapes du périple (Resolute Bay, Cambridge Bay…) 
« C’est un ami qui m’a présenté Mathieu », explique le photographe. « J’ai tout de suite apprécié sa personnalité : à la fois volontaire, sûr de lui et modeste. Un rameur pas ramenard en somme… Et j’ai immédiatement accroché sur son projet. L’expédition Tico allie tous les ingrédients d’une grande aventure : l’exploit sportif, bien sûr, mais aussi l’immersion dans une nature sauvage imprévisible, l’amitié entre l’homme et son chien… Il y a du Jack London là dedans ! Pour avoir navigué au Spitzberg et y avoir croisé des ours blancs, je peux vous affirmer que ce qu’entreprend Mathieu est sacrément gonflé ! Mais il est très bien préparé, il a un physique et un mental d’acier, et il n’en est pas à son premier exploit. »
Pour en savoir plus sur Bruno : www.mazodier.com