LE DEFI
UN PARCOURS I
La première traversée du Passage du Nord-ouest à la rame en solitaire !
Un parcours jalonné d’icebergs et blocs de glace dérivants, une région encore mal cartographiée, le Passage du Nord-ouest qui relie l’Atlantique au Pacifique, au nord du Canada et de l’Alaska, ce sont 6 500 km dans un environnement des plus hostile… C’est ce qui attend Mathieu Bonnier, qui a décidé de relever le défi.
Le Passage du Nord-ouest
Depuis 1903, date à laquelle l’explorateur norvégien Roald Amundsen franchit le premier l’Arctique canadien d’est en ouest, moins d’une trentaine de traversées complètes ont été répertoriées à la voile et une seule en bateau à voile sans l’aide d’un moteur. C’est donc une première pour Mathieu Bonnier… un projet fou que seul un homme déterminé et entreprenant comme il l’est pouvait envisager.
- Départ de Qaanaaq (Groenland) été 2010.
- Hivernage du bateau dans un village inuit.
- Arrivée à Nome (Alaska) été 2011.
UN HOMME I Mathieu Bonnier
Mathieu Bonnier avait promis de ne plus se lancer ce genre de défi à l’issue, en 2009, d’un voyage à la rame en solitaire de 43 jours dans le cadre de la Bouvet Rames Guyane. L’appel du large et de l’aventure a été le plus fort et ce vétérinaire repart en juillet 2010 pour un nouveau challenge : la traversée du passage du Nord-Ouest à la rame. Une première mondiale.
« Je vais vendre mon bateau. Je n’ai plus trop envie de me lancer ce genre de défi individuel. Je veux passer à autre chose. » C’est ce qu’affirmait en avril 2009 Mathieu Bonnier, vétérinaire, à son arrivée Cayenne (Guyanne) après quarante-trois jours d’un voyage à la rame en solitaire sur l’Océan Atlantique.
Deux ans de préparation avaient été nécessaires et lui on permis de décrocher la deuxième place devant une vingtaine d’autres concurrents qui ont parcouru quelque 4 700 km entre Saint-Louis du Sénégal et Cayenne.
Cette promesse, Mathieu Bonnier ne l’aura pas tenue longtemps ! L’appel de l’aventure aura finalement été plus fort que tout. En 2010, il se lance dans un nouveau défi : le Grand Nord.
Toujours voir plus loin
« Je suis quelqu’un d’assez teigneux. Je cherche toujours à aller voir plus loin », confie-t-il encore. Nous voulons bien le croire. C’est à un nouveau challenge de taille qu’il s’attaque. De Qaanaaq au Groënland à Nome en Alaska, la traversée du passage du Nord-Ouest à la rame en solitaire constitue en effet une première mondiale.
A ses côtés, son chien Tico, un alaskan malamute, qui embraque avec lui dans cette fabuleuse aventure.
Le départ sera donné en juillet prochain pour un retour prévu en… septembre 2011. Plus de 6 000 kilomètres à parcourir où il devra affronter les glaces, même si une partie de ce voyage est ‘’malheureusement’’ rendu possible par le réchauffement climatique.
Car ce défi en comporte un autre pour Mathieu Bonnier : en réussissant son pari, il veut attirer les regards sur cette région du globe qui fera partie des premières à être touchées par les effets du réchauffement climatique et qui doit être exploitée pour ses gisements fossiles.
UN CHIEN I Tico
Tico, le fidèle compagnon de Mathieu
Tico, le chien de Mathieu Bonnier, sera son seul compagnon lors du nouveau défi. Cet alaskan husky, déjà à ses côtés lors d’une traversée de l’Alaska en 2006, est parfaitement accoutumé au climat du Grand Nord. C’est l’espèce qui veut ça !
Tico est un alaskan husky que Mathieu Bonnier a ramené d’Anchorage, en 2003. A propos de l’alaskan husky, on ne peut pas parler véritablement de race, mais plutôt d’espèce ou bien encore de type.
En effet, sont reconnus officiellement l’alaskan malamute et le siberian husky. L’alaskan husky n’est pas pour sa part nettement défini du point de vue de ses ascendants. C’est ainsi que l’on trouve, en fonction des géniteurs, différents types d’alaskan husky. Ces différences se situent tant au niveau morphologique que de son look, avec des couleurs de robe variables.
Chez ces chiens, ce sont davantage ses aptitudes physiques qui le caractérisent. Et l’alaskan husky n’en manque pas ! Chien d’attelage d’une grande efficacité, il peut également, selon ses origines, excellé dans le sprint où les pointes de vitesse qu’il est capable d’atteindre sont impressionnantes.
Côté caractère, leur mental est celui d’un chien très sociable. Cela fait de lui, en Alaska, un chien apprécié pour ses talents de compagnon dès lors que l’on respecte sa nature profonde.
C’est bien évidemment à un chien robuste, résistant et rustique que nous avons affaire. Seuls sont signalés pour certains sujets une prédisposition à des maladies génétiques que l’on retrouve chez les chiens de pure race de type nordique comme l’APR (atrophie progressive de la rétine) ou encore l’hypothyroïdie. D’une manière générale, l’alaskan husky jouit d’une bonne longévité, jusqu’à 15 ans en moyenne.
UN BATEAU I Un prototype et un premier défi
Le défi que s’est lancé Mathieu Bonnier est aussi passé par la construction d’un bateau pas tout à fait comme les autres. Il s’agit en effet d’un prototype.
Plusieurs contraintes ont dû être prises en compte pour la réalisation du bateau de Mathieu Bonnier d’un point de vue technique. La principale d’entre elles étant les conditions climatiques dans lesquelles il devra naviguer. Son embarcation devra effectivement affronter notamment de grands froids, sans parler des glaces, un élément naturel quelque peu imprévisible.
L’habitacle est exigu. Mathieu partagera cet espace de vie avec Tico, son chien alaskan huky. Il a fallu pouvoir y ‘’caser’’ le stricte minimum nécessaire à la vie et à la survie à bord. Mais c’est déjà beaucoup : de la trousse d’urgence au matériel de navigation et de communication, en passant par tout l’appareillage électronique nécessaire, un fusil en cas d’attaque d’ours, une capote pour le protéger du froid, un ‘’chauffage central’’ (une batterie lithium et des panneaux solaires légers ont été conçus), l’alimentation, etc. Rien que tout cela constitue aussi en soi un défi !
En trois mois, le bateau de Mathieu a vu le jour dans le chantier naval de la Trinité-sur-Mer après qu’un architecte en ait dessiné les plans. De nombreux tests ont été nécessaires et des mises à l’eau successives ont permis de corriger les « imperfections ». Il a par ailleurs fallu procéder à des essais de retournements, car il est impératif d’envisager toutes les situations… mêmes les pires.

